Dans le cadre de la Chaire en Design Horloger créée par Jean-Pierre Greff, directeur de la HEAD-Genève, j'ai eu le privilège de co-juger les travaux des étudiants en Bachelor. Retour sur une journée riche en émotion.

La HEAD côté cour

Mercredi 14 juin 2017. Chaleur accablante dans les locaux de la HEAD-Genève (Haute école d’art et de design). La concentration est de mise tout au long de cette journée intense pour le jury composé de quatre designers de haut vol, Romain Vollet, Alexandre Peraldi, Fabrice Gonet, Guillaume Tripet, et de moi-même. Huit étudiants vont nous présenter un travail qui consacrera trois ans d’étude et pour l’un d’entre eux une première année de Master. Quelques mois auparavant, mes comparses et moi avions eu des sueurs (froides cette fois-ci), en découvrant certains projets horlogers peu aboutis, au flou pour l’heure peu artistique, voire ésotériques au point de nous plonger dans des abîmes de perplexité. Rien pourtant n’aurait pu entamer notre belle humeur.

Valérie Ursenbacher, responsable de la Chaire en design horloger et Alexandre Peraldi, juré et Design product director chez Baume & Mercier

Coachés par leurs formidables tuteurs, Valérie Ursenbacher et Nicolas Mertenat, dopés au rétroplanning (et à des substances encourageantes dont je demande instamment le nom), un miracle s’est produit. Elizabeth Fischer, responsable du département Design Mode et Accessoires, Marco Borraccino, ancien responsable de la Chaire en Design Horloger qui œuvre désormais chez Singer Reimagined avec le succès que l’on sait, peuvent être fiers. Et Jean-Pierre Greff, directeur de la HEAD et instigateur de ce cursus conforté dans sa vision. Oui cette chaire est nécessaire, enthousiasmante et hautement bénéfique à l’industrie.

Ne voir dans cette euphorie post-jury aucune indulgence de ma part quand il s’est agit de noter et de commenter travaux et présentations. Aux dires de mes co-jurés, j’ai pu me montrer, au choix « raide », « directe façon tu pourrais enrober un peu tes propos, ça ne serait pas du luxe », ce qui ne surprendra en rien ceux qui me connaissent. Face à nous, Nicolas, Kevin, Kim, Chahnez, Fiona, Iris, Maximilian et enfin Sandra, des idées plein la tête et l’envie d’en découdre avec l’horlogerie. Sans complexe, ingénument presque, ils osent, qui la montre émotionnelle, qui la fonction bien-être qui file un sacré coup de vieux aux complications astronomiques.

Ils se lancent dans l’aventure avec leur histoire. L’une vivait sur un bateau et regardait la nuit de son hublot les feux d’artifice sur la côte, d’où son envie de montres exubérantes et couture. Une autre a grandi entourée de mobilier Bauhaus qui a laissé son empreinte sur sa vision esthétique. Ils ont aussi leurs bagages, leurs chagrins, leurs épreuves.

Maximilian en pleine présentation sous l’œil farouche du designer Fabrice Gonet

Sandra, un sang-froid et un parcours sans faute

Qu’importe s’il faut inventer de toutes pièces une technique pour façonner d’étonnants bracelets seconde peau, forcer les portes (ou se retrouver devant une porte close, secret de fabrication oblige), les prototypes sont bluffants, les concepts lisibles et puissants. Ils démontrent une connaissance du marché et une acuité dans la perception de notre monde et de ses besoins.

Attention propriété intellectuelle… Clin d’œil – de loin – aux projets

Rendez-vous l’an prochain pour un autre jury avec la certitude, déjà, que la relève est assurée.

La promotion du Bachelor côté filles