Les festivités commencent officiellement lundi même si d'autres maisons grillent depuis quelques années la politesse et lancent leurs propres invitations dès demain. Sur la base des repérages ici et là, Laur'loge anticipe un cru animé, pas si lisse et donc jubilatoire.

« Plus on est de fous, plus on rit » (the more, the merrier) dit l’adage. Cette année, 35 maisons que rien ne prédispose à la franche rigolade sont néanmoins réunies sous la bannière du SIHH.  Un record. Dans le Carré des Horlogers dédié aux indépendants, elles vont devoir jouer des coudes pour se faire une place au soleil. Roulement de tambour, solo de batterie, Hermès fait son entrée en tant que « maison historique » selon la terminologie consacrée. Un coup dur pour Baselworld qui connaît d’autres défections mais celle-ci est bien cuisante.

Dans la série « The show must go on », H. Moser annonce dans un communiqué tout frais que la Maison a stoppé sa campagne #MakeSwissMadeGreatAgain, mal comprise, et que dès lors la Swiss Icons Watch ne sera ni présente au SIHH ni vendue aux enchères au profit des jeunes horlogers indépendants. Le rebell yell a parfois du mal à passer, mais on fait confiance à Edouard Meylan pour donner de la voix sur les sujets que l’on passe sous silence.

Dernière info qui swingue et casse les codes, Girard-Perregaux a choisi l’artiste pop LP pour incarner l’iconique Laureato. Oh boy ! Mais pas tant que ça car LP, de son vrai nom Laura Pergolizzi, est une personnalité « gender neutral » fiancée à la mannequin Lauren Ruth Ward. La stratégie est audacieuse lorsque l’on sait  qu’un modèle masculin, toutes marques confondues, perd de son attractivité auprès de sa cible originelle lorsque porté par une femme… Girard Perregaux vise et voit plus loin. Au poignet de LP, la Laureato se joue des clivages et des schémas qui n’intéressent ni de près ni de loin une clientèle jeune, hype et à conquérir. En attendant de rencontrer LP en personne sur le stand de la Maison GP, on se fait un petit tour sur la Tightrope. Let’s party !