Il y a pile quatre mois jour pour jour, Laurloge en appelait au télescopage des genres. Et si l'horlogerie se la jouait débridée ? lancions-nous comme une bouteille à la mer. On espère que la foire de Bâle qui débute demain fera de grosses vagues. Mais déjà le courant nous a ramené une jolie surprise.

On adhère, ou pas, au concept décrit comme suit: « En imaginant la collection PLAYGROUND, HAUTLENCE projette l’objet horloger dans une nouvelle dimension chronométrique, au-delà de sa vocation première de lecture du temps. A un monde toujours plus connecté où tout – y compris l’heure – se trouve à portée immédiate par simple pression sur un bouton, PLAYGROUND oppose la déconnexion absolue. De l’immersion dans le jeu dérive le plaisir de la lenteur retrouvée, nécessaire. »

Très tendance, la référence au « slow », et bien exécutée la petite salve en direction de la concurrence high tech. Et quand en plus le teaser est porté par un film dans lequel un Eric Cantona  (plus barbu que jamais, moustache frémissante, look de bucheron) s’exprime en anglais avec un accent à couper à la tronçonneuse, le buzz fait le tour de la planète horlogère.

Il n’empêche, la mauvaise langue que je suis a adoré cette montre qui ne donne pas l’heure. LABYRINTH est décalée. Elle est aussi splendide avec son cadran taillé dans l’or massif et sa boule forgée en platine. Le boîtier en titane reprend lui la forme rectangulaire des garde-temps maison. Et la couronne me direz-vous ? En l’absence de mécanisme horloger à remonter, elle actionne un ascenceur permettant de remonter la boule sur le plateau grâce à un système de cames visibles à travers le fond transparent.

Jouer, nous dit HAUTLENCE, c’est arrêter le temps. Pour moi, c’est s’amuser et sourire sans méchanceté aucune. Merci à l’inégalable King Eric pour avoir stoppé net le compteur qui tourne impitoyablement.