Avant Jackie O., Grace Kelly, Audrey Hepburn ou Catherine Deneuve. A des coudées d'une Alexa Chung pourtant portée aux nues pour son sens du style, il était une reine, Marie-Antoinette, dont la garde-robe fait aujourd'hui l'objet d'un ouvrage de grande valeur pour l'histoire de la mode.

Historien et directeur scientifique du Centre de Recherche du château de Versailles, Mathieu da Vinha est l’auteur du document inédit Dans la Garde-robe de Marie-Antoinette. Cette publication recense plusieurs centaines de vêtements aujourd’hui disparus, robe chamarrée de gaze d’argent et pompons, jupon de taffetas couleur de rose, grand habit jaune soufre de blonde… Il permet de connaître le quotidien de la future reine de France à travers son habillement. On suit ainsi Marie-Antoinette pas à pas, de son arrivée en tant qu’archiduchesse en 1770 jusqu’à son avènement comme reine de France en 1774, tout en s’interrogeant sur sa prétendue frivolité.

Alors que Louis XVI semble connaître aujourd’hui un regain d’estime pour ses tentatives de réforme, Marie-Antoinette ne peut se défaire d’un vernis de superficialité. C’est oublier que le vêtement est symbole, message, expression d’une volonté qui ne faisait guère défaut à la dame qui dictait ainsi sa loi et affirmait sa puissance.

On ne saurait non plus taxer de cruche une femme qui s’est intéressée à l’horlogerie au point de devenir la première cliente d’Abraham-Louis Breguet. C’est par l’intermédiaire du roi son époux qu’elle découvre les créations du Neuchâtelois installé à Paris et lui commande une montre perpétuelle à répétition et quantième, excusez du peu. A son intention, l’horloger de génie réalisera plusieurs pièces exceptionnelles, comme cette « Marie-Antoinette » qui réunit l’ensemble des complications et des perfectionnement connus à l’époque.