Près de Saint-Sulpice à Paris, il est une adresse pleine de charme qui ne connaît nul équivalent. Suivez-moi.

En juillet dernier à Paris, je décide un matin de rencontrer Antoine de Macedo. Au pied levé, sans rendez-vous, je pousse la porte de son temple de l’horlogerie et demande à voir le maître des lieux. Imaginez 250 mètres carrés où se concentrent merveilles du passé et créations récentes, établis à l’ancienne où sont réparées des pièces vintage, ainsi qu’une back room aux airs de caverne d’Ali Baba. Un peu surpris mais charmant, Antoine de Macedo m’offre un café de bon matin. Il est à l’image du concept qu’il propose dans sa boutique, espace d’échange, de découverte, sans pression aucune, où l’on se laisse porter d’une vitrine à l’autre par le plaisir d’admirer, là une Audemars Piguet des années 60 au boîtier rond en or gris et large lunette comme une collerette décorée « Clous de Paris », des chronographes historiques de Vacheron Constantin, d’étonnantes et anciennes pendules Atmos de Jaeger-LeCoultre, une extraordinaire Patek Philippe représentant la part du ciel vu de Genève et les phases de lune sur un cadran féérique. Elles voisinent avec, entre autres, les pièces conceptuelles de la marque Ikepod créée par Oliver Ike et Marc Newson. Le contraste pourrait être saisissant, déroutant même. Mais il n’en est rien car une seule impression domine, la justesse de la sélection, entre rigueur et passion.

L’autre choix, et non des moindres, de l’horloger, est d’avoir ouvert non loin la première boutique proposant exclusivement des montres pour dames. L’adresse est prédestinée, « rue Madame » (de son vrai nom Marie Joséphine de Savoie, bref une fille de chez moi). A l’esprit boudoir, bien trop évident, Antoine de Macedo a préféré un espace clair et serein avec murs en pierres blondes et grande table de marbre blanc. Certaines pièces d’époque attestent que c’est bien dans le domaine de la montre féminine que les maisons de prestige ont fait preuve de la plus grande créativité et d’une audace qui s’est exprimée sur le plan esthétique mais également technique comme on a si souvent tendance à l’oublier.

Au fil de la conversation, Antoine de Macedo se lève et se dirige vers la back room remplie de cartons et boîtes empilés selon une géographie que lui seul semble connaître. Il revient avec un sourire et une montre baguette équipée d’un Calibre 101, le plus petit mouvement mécanique jamais réalisé. Né à la fin des Années Folles, celui-ci a permis de libérer la création puisque sa taille minuscule pouvait se loger dans les pièces les plus délicates. Antoine de Macedo m’attache la merveille Art Déco au poignet que j’ai fin mais qui paraît encore plus gracile paré de cette émouvante pièce historique. Qui suis-je ? Une star hollywoodienne sur le Walk of Fame ? La reine Elizabeth II (qui en portait une similaire le jour de son couronnement) ? Je savoure l’instant, et tente pendant plusieurs minutes de l’immortaliser avec mon Smart Phone. En vain. L’horloger est patient mais il faut bien lui rendre son joli trésor. Cher Antoine, merci pour le café et le moment de grâce.

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