Pour Laur'loge, interview exclusive (et délicieuse) de Frédéric Beigbeder qui animera avec Gaspard Proust la cérémonie arrivant à grands pas. C'est la suite de notre feuilleton GPHG. Episode 3.

 

Grand Prix de l'Horlogerie de Genève 2014////Grand Théâtre de Genève//31 octobre 2014//Photo: nicolas lieber/ nicolas.lieber@nicolaslieber.ch/ www.nicolaslieber.ch/

Grand Prix de l’Horlogerie de Genève/Photo: nicolas lieber

Laur’loge : Existe-t-il un rapport entre Frédéric Beigbeder et l’horlogerie ?

Frédéric Beigbeder : A part le Grand Prix de l’Horlogerie, pas plus que ça en fait. La réalité est qu’une personne proche de mon épouse organise le GPHG et m’a proposé de l’animer. Comme cela s’est bien passé, l’expérience s’est renouvelée.

L : Avez-vous carte blanche en tant que MC ?

FB : J’écris mes textes avant. Ils sont relus. Mais en fait j’improvise beaucoup sur scène, alors que je ne suis pas comédien et que ce n’est pas ma spécialité. Au final, on me laisse une liberté d’expression totale du moment que l’on ne s’ennuie pas. Il s’agit d’une très longue cérémonie.

L : Parlez-moi des montres de votre vie ?

FB : J’ai reçu en cadeau de mon épouse une IWC très classique, fonctionnelle, que j’aime beaucoup. J’ai une préférence pour la sobriété et certaines montres inscrites au GPGH font pour moi figure de véritables OVNI.

L : Quel est votre regard sur les montres femmes de la sélection ?

FB : En découvrant la catégorie qui leur est consacrée, je me suis rendu compte qu’il y a des femmes qui ont le goût des complexités horlogères.

L : Vous voulez peut-être parler des complications horlogères ?

FB : Oui c’est cela ! Je viens de donner vie à un nouveau concept’ Ces dernières années, j’ai vu des choses magnifiques. Je me souviens d’un papillon évoluant autour de nuages. De Paris, la Tour Eiffel. Je trouve cela poétique et beau. Les gens capables de concevoir de telles merveilles horlogères sont-ils drogués ?

L : Vous reste-t-il des souvenirs des montres de votre enfance ?

FB : Mes parents achetaient du résistant. Comme beaucoup d’autres à l’époque, j ai eu des Swatch. Et je me souviens aussi très bien d’une Casio G-shoc.

L : La montre est-elle liée à des moments forts de l’existence ?

FB : Quand je travaillais en agence de pub, pour notre client Café Grand-Mère nous avions inventé la « fête des grand-mères », calquée sur ce que Coca-Cola avait fait en s’inspirant de Santa Claus aux Etats-Unis pour faire de Noël ce que c’est aujourd’hui. Je suis quelqu’un de spontané et je n’ai pas besoin d’un prétexte quel qu’il soit, mariage, naissance ou autre, pour offrir ou recevoir une montre.

L: Auriez-vous pu prononcer la phrase de Jacques Séguéla sur le cinquantenaire et la Rolex ?

FB : J’accorde peu d’importance aux choses matérielles. Pour moi, à 50 ans, si tu t’en fous d’avoir une Rolex, tu as réussi ta vie. Pour autant, je trouve que les Rolex sont de beaux objets. Et je les trouve particulièrement jolis sur les femmes.

L : Aujourd’hui, diriez-vous que le temps est votre ami ou votre ennemi ?

FB : La vie en ville est absurde. Ici à Guéthary sur la Côte Basque où je vis avec ma famille, le temps est différent. Il passe moins vite qu’à Paris et c’est bon de ralentir. Pour autant, le temps n’est pas un ennemi. Je réalise qu’il est au coeur de tous mes livres. Ils reposent toujours sur une forme de division, par minutes, par saisons. J’aime les valeurs qui gravitent autour de la montre. Et l’âme de ce métier. Finalement, je réalise que je construis mes romans comme des mouvements horlogers.