Chantal Thomass a inventé le collant en dentelle, réhabilité la guêpière, les bas, le corset et le porte-jarretelles. Surnommée la papesse des dessous chics, cette grande dame est membre du Jury 2016 du GPHG. (Episode 2 de notre feuilleton sur le Grand Prix de l'horlogerie de Genève).

A quelques jours de la présentation aux journalistes de la nouvelle revue du Crazy Horse dont elle signe les costumes et la mise en scène, Chantal Thomass est sur des charbons ardents. Il n’empêche, la créatrice à la frange encore plus célèbre que celle d’Anna Wintour prend le temps d’une conversation sans fard avec Laur’loge.

Laur’loge : Votre réaction de jurée nouvellement nommée ?

CT : Quand on m’a contactée, je me suis demandée si j’en étais capable. Au final, c’est mon jugement esthétique que l’on souhaite. Je suis déjà jurée pour des voitures. Je suis heureuse de l’être cette année dans le cadre du GPGH. C’est nouveau et cela me plaît.

 L : Pour vous, les montres, c’est’ ?

CT : Tous les jours. Chaque matin, je choisis une montre, en plus des deux bagues que je porte au quotidien. Et des broches.

L : Une montre vous plaît quand’ ?

CT : Elle me va bien. Et aussi quand elle est lisible et fonctionnelle. Par contre, je ne vois aucun intérêt aux montres trop compliquées.

L : Vous avez revampé une Jaguar Type E, une canette de Coca light, une machine à laver le linge Vedette, des sucrettes Canderel. Vous venez de présenter une collection capsule pour Damart, l’iconique marque de Thermolactyl. Une collab x horlogerie, cela vous tente ?

CT : J’en serais ravie. Mais n’attendez pas de moi quelque chose de trop évident comme des noeuds ou de la dentelle. Un tel projet, cela se travaille. J’ai besoin de me documenter. Plutôt que de suivre la direction du décalage à tout prix, je pencherais vers une création épurée et féminine, avec une forme sans doute différente, mixée d’inspiration ancienne, peut-être des chiffres romains.

L : A qui penseriez-vous pour la créer ?

CT : A moi et aux nombreuses femmes qui m’entourent, mes copines, mes collaboratrices, de tous âges et styles.

L : Votre avis sur la sélection des montres du GPHG 2016 ?

CT : L’horlogerie atteint ici une forme d’art. Pourtant, j’ai trouvé certaines montres trop chargées. Elles ne laissent aucune place à la personnalité de celui ou celle qui la porte. Je ne peux m’empêcher de me demander qui peut bien les acheter’

L : Un coup de coeur ?

CT : J’ai clairement beaucoup aimé trois montres. Parmi celles-ci, l’une est une vraie rencontre. Elle très représentative de plusieurs univers, montre, sport et bijou. Je me verrais tout à fait la porter.

L : Au moment où nous parlons, le temps est-il votre ami ou votre ennemi ? 

CT : Je panique, je râle, car les tableaux du Crazy ne sont pas tous finis. J’aimerais des journées deux fois plus longues. Mais de vous à moi, courir après le temps, j’adore ça !