Et avant l'heure avec ça ! Ma rencontre avec le clan Wiederrecht a illuminé la fin de 2016. Santa Claus m'a d'ores et déjà gâtée (j'ai dû être une sacrée gentille fille tout au long de l'année).

A l’approche de Noël, tout le monde n’est pas à la fête. Selon le sondage YouGov dont Le HuffPost avait l’exclusivité, les français dépriment, se sentent seuls et fauchés. Ailleurs fort heureusement, les anglais en profitent pour embrasser leurs collègues et trinquer, les allemands dansent au bureau et les scandinaves jubilent.

Pour moi, Noël a (merveilleusement) commencé dans les locaux de la société Agenhor où m’attendait Jean-Marc Wiederrecht, horloger concepteur et aussi, comme l’écrivait un newsmagazine, « l’un des plus grands spécialistes contemporains des modèles mécaniques au monde ». De mon point de vue purement subjectif, Jean-Marc Wiederrecht est l’avantageuse synthèse d’Einstein (pour la vision décapante) et de Roland Magdane (pour les attributs capillaires).

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Roland Magdane, extrait de la série TV "Le Tuteur"

Roland Magdane, extrait de la série TV « Le Tuteur »

J’imagine que Jean-Marc sourit car c’est un homme charmant, accessible et généreux de son temps. Comme autant de cadeaux sous le sapin, il m’a présenté nombre de ses réalisations et parlé des circonstances qui entouraient leur conception.

@ Van Cleef & Arpels

@ Van Cleef et Arpels

Avec lui, rien ne transparaît des affres de la création de pièces redoutablement complexes (florilège: True North d’Arnold & Son, une « boussole solaire » avec quantième perpétuel, double équation du temps, phase de lune, réserve de marche et indication du nord géographique exact, Spacecraft de Romain Jérôme avec affichage des heures sautantes linéaires rétrogrades, Opus 9 de Harry Winston et son extraordinaire affichage linéaire des heures et des minutes, les fameuses complications poétiques pour Van Cleef et Arpels dont la première, le Quantième des saisons, bouleversera à jamais le paysage horloger, jusqu’à la DTZ de Fabergé avec laquelle il vient de remporter une énième distinction au Grand Prix de l’Horlogerie de Genève. Jean-Marc Wiederrecht avait d’ailleurs été le premier en 2007 a avoir reçu le prix de Meilleur Horloger Concepteur au GPHG.

La recherche de solutions est une seconde nature chez cet homme dont la plasticité du cortex peut-être, ou les neurones qui dégainent un potentiel électrique plus vite que leur ombre, se traduisent par des inventions, mais aussi une vision unique des complications horlogères. Ainsi, le Temps Suspendu d’Hermès offre une expression inédite du temps. Un temps qui nous réconcilie avec nous même et que l’on ne cherche pas à assujettir comme s’il cristallisait toutes nos peurs. Un temps ami.

Pour autant, avec Jean-Marc Wiederrecht, la montre n’est pas un objet désincarné. Catherine, sa femme, qui l’a encouragé à se mettre à son compte et avec laquelle il travaille depuis 30 ans, se souvient que le jeune horloger qu’il était avait à l’établi un toucher particulier de chaque garde-temps. Cette affinité unique, mais aussi l’ouverture d’esprit de son époux le placent à part. L’homme est libre. Il me confie que les complications qu’il a faites pour les montres femmes l’ont également libéré en lui dévoilant une nouvelle facette de son métier d’horloger concepteur. A charge pour ses sympathiques fils Nicolas et Laurent qui travaillent à ses côtés de perpétuer l’esprit de famille et le Zeitgeist qu’il a initié.  En attendant, Frohes Weihnachten !