L'anglage ? Comment vous dire...
Il est de bon ton de s'extasier lorsqu'un mouvement - mécanique s'entend - est anglé à la main. Avant d'y aller de votre compliment à la vue d'un calibre dont les finitions échappent peut-être à votre ??il néophyte, il serait sage de s'en remettre à Nathalie Jean-Louis qui a fait de l'anglage son métier.

« Surtout pas l’horlogerie ! », cette phrase Nathalie l’entend toute son enfance et comprend qu’il ne faut pas marcher sur les traces de sa grand-mère, petite main dans le montage, un travail à la chaîne peu valorisé. La jeune neuchâteloise opte pour un parcours artistique à l’Académie Maximilien de Meuron où elle étudie la peinture, la sculpture et l’histoire de l’art. Elle voyage, fonde une famille… et se laisse rattraper par l’horlogerie en commençant à décorer des mouvements pour des maisons prestigieuses. En 2011, elle crée sa société, VidaYhado (vie et destin en espagnol). Travailler seule est un choix pour cette perfectionniste dont les exigences liées à l’anglage sont en parfaite adéquation avec sa personnalité.

« Le titane ? J’adore ! »

Martial Racine

Martial Racine

Lorsqu’elle reçoit une pièce brute, pont de barillet, de rouage, cage de tourbillon, platine squelette, Nathalie a devant ses yeux une surface infime, de quelques millimètres à moins de deux centimètres. Contrairement à d’autres qui travaillent au binoculaire, elle préfère la loupe. Une approche qui s’inscrit dans la tradition mais qu’elle décrit comme « plus sentimentale » et qui lui donne de meilleures sensations car elle est physiquement en osmose avec l’élément à angler. Nathalie fait réaliser un posage pour chaque pièce à maintenir. Munie d’une lime, elle dose à la perfection la pression à exercer sur la matière, or blanc, laiton, maillechort, ou titane, redoutablement dur. Question d’expérience, de recherches aussi car la jeune femme est constamment en quête du geste parfait. Perfectionniste on vous dit…

 

Pascal Schreyer

Patrice Schreyer

« J’apporte de la chaleur au mouvement »

Sur les éléments du mouvement – pré-anglés ou pas du tout – le travail de Nathalie consiste à créer un chanfrein de 45° qu’elle va ensuite polir avec différentes pâtes. Elle supprime ainsi toute bavure pour que l’élément soit propre et durable. Mais l’anglage a surtout une vocation esthétique. Réalisé à la main, son rendu est incomparable. Il donne du caractère au mouvement en créant des jeux de lumière, une lumière qui rebondit littéralement d’un composant à l’autre. « Lorsqu’on regarde une montre, il faut prendre le temps de rentrer dedans, de jouer avec, de se laisser emporter », explique la jeune femme qui consacre deux jours entiers sans broncher à angler une platine squelette. L’anglage fait partie des finitions dites de Haute Horlogerie. Grâce à Nathalie qui perpétue ce métier, on sait désormais pourquoi et comment.

 

Pascal Schreyer

Patrice Schreyer

« Prenez le temps de regarder ! »

Patrice Schreyer

Patrice Schreyer

L’esprit créatif et le besoin de challenge  ont conduit Nathalie Jean-Louis à fonder la marque de bijoux DELLEY en 2015.
L’idée: proposer des pièces uniques dont elle conçoit le design, travaillées en Suisse et incluant des finitions horlogères spécifiques.
www.vidayhado.comwww.delley-jewelry.com